Qu'est-ce que la salât al-janâza ?
C'est la prière que l'on accomplit sur un défunt musulman avant son enterrement, pour demander à Allah de lui pardonner et de lui faire miséricorde. Elle est une obligation communautaire (fard kifâya) : dès qu'un groupe de croyants l'accomplit, l'obligation est levée pour tous ; mais si personne ne le fait, chacun en porte la responsabilité.
Elle a une particularité. Elle se fait entièrement debout, sans inclinaison (rukû') ni prosternation (sujûd). Elle se compose de plusieurs takbir (le fait de dire « Allâhu akbar »), séparés par des invocations.
Sa récompense est immense. Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui assiste à la prière funéraire aura un qîrât de récompense, et celui qui reste jusqu'à l'enterrement aura deux qîrât. » On lui demanda ce qu'étaient deux qîrât, il répondit : « Comme deux immenses montagnes. »
Preuve
Rapporté par al-Bukhârî et Muslim, d'après Abû Hurayra.
Avant de commencer
Les mêmes conditions que pour toute prière s'appliquent :
- être en état de pureté (avoir fait ses ablutions),
- être orienté vers la qibla,
- avoir la awra couverte.
Le défunt, lavé et enveloppé dans son linceul, est placé devant les priants. L'imam se tient au niveau de la tête s'il s'agit d'un homme, et au niveau du milieu du corps s'il s'agit d'une femme. Les fidèles se rangent derrière lui, de préférence sur trois rangs ou plus.
Combien de takbir ?
La forme la plus courante et la plus établie est de quatre takbir. C'est celle que tu rencontreras presque partout.
Il est aussi authentiquement rapporté que le Prophète ﷺ en a parfois prononcé cinq, sept, et jusqu'à neuf. Ces nombres sont donc permis. Pour un débutant, le plus sage reste de suivre l'imam et la pratique de sa mosquée, afin de rester uni derrière celui qui dirige la prière. Le guide ci-dessous décrit la forme à quatre takbir.
Le déroulement, takbir par takbir
On formule d'abord l'intention dans le cœur, sans la prononcer à voix haute, puis on pose la main droite sur la gauche, sur la poitrine, comme dans la prière habituelle. La Sunna est de lever les mains à chaque takbir, et non seulement au premier.
Preuve
Ibn 'Umar levait les mains à chaque takbir de la prière funéraire. Rapporté par al-Bayhaqî et retenu par cheikh al-Albânî.
Premier takbir
Preuve
Ibn 'Abbâs récitait al-Fâtiha à voix audible sur la prière funéraire et disait : « Afin qu'ils sachent que c'est une Sunna. » Rapporté par al-Bukhârî.
Deuxième takbir
Troisième takbir
Quatrième takbir
L'invocation pour le défunt
Voici l'invocation authentique la plus répandue, à réciter après le troisième takbir. Le Prophète ﷺ l'a prononcée au point qu'un compagnon souhaita être ce défunt.
اللَّهُمَّ اغْفِرْ لَهُ وَارْحَمْهُ، وَعَافِهِ وَاعْفُ عَنْهُ، وَأَكْرِمْ نُزُلَهُ، وَوَسِّعْ مُدْخَلَهُ، وَاغْسِلْهُ بِالْمَاءِ وَالثَّلْجِ وَالْبَرَدِ، وَنَقِّهِ مِنَ الْخَطَايَا كَمَا نَقَّيْتَ الثَّوْبَ الْأَبْيَضَ مِنَ الدَّنَسِ، وَأَبْدِلْهُ دَارًا خَيْرًا مِنْ دَارِهِ، وَأَهْلًا خَيْرًا مِنْ أَهْلِهِ، وَأَدْخِلْهُ الْجَنَّةَ، وَأَعِذْهُ مِنْ عَذَابِ الْقَبْرِ وَعَذَابِ النَّارِ
Allâhumma-ghfir lahu warhamhu, wa 'âfihi wa'fu 'anhu, wa akrim nuzulahu, wa wassi' mudkhalahu, waghsilhu bil-mâ'i wath-thalji wal-barad, wa naqqihi minal-khatâyâ kamâ naqqayta ath-thawbal-abyada minad-danas, wa abdilhu dâran khayran min dârihi, wa ahlan khayran min ahlihi, wa adkhilhul-jannah, wa a'idhhu min 'adhâbil-qabri wa 'adhâbin-nâr.
« Ô Allah, pardonne-lui, fais-lui miséricorde, préserve-le et efface ses fautes. Honore sa demeure, élargis son entrée, lave-le avec l'eau, la neige et la grêle, et purifie-le de ses péchés comme on purifie un vêtement blanc de la saleté. Donne-lui en échange une demeure meilleure que la sienne, une famille meilleure que la sienne. Fais-le entrer au Paradis, et protège-le du châtiment de la tombe et du châtiment du Feu. »
Preuve
Rapporté par Muslim, d'après 'Awf ibn Mâlik.
Si le défunt est une femme, on met les pronoms au féminin (lahâ, warhamhâ…). Pour un enfant, on invoque plutôt qu'Allah en fasse une avance et une récompense pour ses parents.
Les erreurs répandues à éviter
Une bid'a est une pratique religieuse inventée après le Prophète ﷺ, sans fondement dans sa tradition. Autour des funérailles, plusieurs se sont répandues par habitude. En voici six parmi les plus fréquentes, avec leur preuve.
Les repas et rassemblements de deuil
Preuve
Jarîr ibn 'Abdillâh a dit : « Nous considérions le fait de nous rassembler chez la famille du défunt et d'y préparer de la nourriture après l'enterrement comme faisant partie des lamentations (niyâha). » Rapporté par Ibn Mâja, authentifié par al-Albânî.
La lamentation bruyante (niyâha)
Preuve
Le Prophète ﷺ a dit : « Ne fait pas partie des nôtres celui qui se frappe les joues, déchire ses vêtements et invoque par les invocations de la Jâhiliyya. » Rapporté par al-Bukhârî et Muslim, d'après Ibn Mas'ûd.
Le dhikr collectif à voix haute dans le cortège
Bâtir sur les tombes, les cimenter ou écrire dessus
Preuve
Jâbir a dit : « Le Messager d'Allah ﷺ a interdit que l'on plâtre la tombe, que l'on s'assoie dessus et que l'on construise dessus. » Rapporté par Muslim.
La minute de silence
Preuve
Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui imite un peuple en fait partie. » Rapporté par Abû Dâwud, jugé authentique.
Se réunir pour réciter le Coran pour le défunt
Preuve
Le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque le fils d'Adam meurt, ses œuvres cessent, sauf trois : une aumône continue, une science dont on tire profit, ou un enfant vertueux qui invoque pour lui. » Rapporté par Muslim, d'après Abû Hurayra.
En résumé
La salât al-janâza est une prière courte, debout, faite d'ordinaire de quatre takbir en levant les mains à chacun : la Fâtiha, la prière sur le Prophète ﷺ, l'invocation pour le défunt, une invocation générale, puis le salâm. L'essentiel est la sincérité de l'invocation et le respect de la manière enseignée par le Prophète ﷺ.
Ce guide est une introduction simplifiée. Pour l'étude détaillée des règles, référez-vous à Ahkâm al-Janâ'iz et aux gens de science.
Trouver une janâza près de chez vous
Janaza recense les prières funéraires annoncées près de chez vous, mises à jour en temps réel.

